En tout état de cause, le port de Getaria, qui borde la baie de Malkorbe, fort profonde et protégée des averses par l’île de San Antón, est un mouillage naturel aux qualités remarquables. En effet, il n’est associé à aucune embouchure fluviale et, du coup, demeure accessible quel que soit l’état de la mer et des marées.
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L’homme s’est établi aux alentours de Getaria dès la Préhistoire, comme le prouvent les découvertes archéologiques faites dans des sites proches de la ville, tels que les grottes de Altxerri et Ekain, renfermant des représentations de poissons âgées de 12.000 ans, le site d’Herrikobarra, à Zarautz, daté de 6.000 ans, l’établissement de l’Age du Fer (VIe siècle av. J.C.) retrouvé à Santa María La Real de Zarautz, voire les tumuli d’Arriaundi, dans la commune de Getaria. À l’Epoque Romaine, les environs de Getaria ont fortement attiré les populations, qui se sont installées dans des centres plus ou moins vastes et voués à des activités différentes, dont le site de Santa María La Real et l’atelier de production de fer de Arbiun, tous le deux à Zarautz, le site rural de Urezberoetako Kanposantu Zaharra, dans la bourgade d’Elkano, et le grand port de Getaria.
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Durant le Haut Moyen Age, de nouveaux établissements ont été créés dans les sites de San Prudentzio et San Martín de Askizu, tandis que certains centres peuplés à l’Epoque Romaine restent en usage, ce dont témoignent les évidences trouvées dans les sites de San Pedro de Elkano, Santa María La Real, et encore à San Salvador et Zarautz Jauregia, à Getaria.
Lors de la fondation de la ville en 1209, Getaria était le principal port naturel de la Province, et gardera désormais son importance parmi les premiers ports de Gipuzkoa. Néanmoins, aux XIVe et XVe siècles, alors que dans le contexte économique général, le transport naval cédait progressivement son protagonisme au commerce, Getaria subissait une certaine régression dans cette activité, en faveur d’autres ports dont ceux de Deva, de Fontarabie et, surtout, celui de San Sebastián, qui concentraient le poids du traffic commercial. Déjà au XVIe s., Getaria se trouvait à l’écart du grand commerce international et le port se consacrera dorénavant à la pêche. Pendant les siècles suivants, l’industrie des salaisons d’anchois et sardines et celle du marinage de la chevesne et du rousseau ont connu un développement assez important dans la ville. En même temps, de nombreux habitants de la ville se sont enrôlés dans les grands bateaux de pêche de Gipuzkoa et du Labourd, qui, chaque année, partaient pêcher la baleine et la morue dans les eaux de Terre-neuve et de l’océan Artique. D’ailleurs, Getaria était, à cette époque, un puissant centre producteur du vin blanc connu sous le nom de chacolí, approvisionnant les grands bateaux de pêche. Au XVIIIe siècle, la plupart des marins de la Province se sont engagés dans la grande compagnie royale ayant le privilège du commerce avec le Vénézuela (la “Real Compañía Guipuzcoana de Caracas”), ce qui a entraîné une crise dans la pêche et la chute de la production de chacolí. Dès la fin du siècle, de nouveaux projets ont été entrepris, tels que la “Real Compañía Sardinera de Getaria”, née en 1764 et vouée à la pêche à la sardine, qui ont contribué à la renaissance de la pêche côtière. Ce renouveau a redémarré puissamment après les guerres civiles ou “carlistes” (1876), grâce à l’application de nouvelles techniques de capture et conservation du poisson, dont l’introduction des bateaux à propulsion de vapeur et la nouvelle industrie des salaisons. De nos jours, Getaria demeure un des ports les plus importants de la Côte Basque, tel qu’il l’était aux XIXe et XXe siècles.

Getaria, toujours liée à la mer, fut le berceau de certains des plus célèbres navigants de l’Histoire de l’Humanité, notamment, Juan Sebastián Elcano, le premier à avoir complété le tour du monde. Rappelons, également, les figures de Domingo de Bonechea, qui dirigea l’expédition qui découvra Tahiti en 1772 et de Manuel de Agote, qui, après avoir fait partie de plusieurs expéditions sous le patronnage de quelques compagnies commerciales privées, fut, dès 1787, le chef de la Compagnie des Phillippines à Manille.
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